L’hypercalcémie est découverte si l’on pense à doser la calcémie devant toute une série de signes variés, dont la plupart ne sont pas spécifiques.
1 – Hyperparathyroïdie primitive (1/35 000)
L’hypercalcémie est souvent symptomatique (> 75 % des cas) :
- signes osseux (> 80 %) : douleurs, lésions lytiques (tumeurs brunes), fractures, ostéite fibreuse kystique palpable, déformations,
- faiblesse musculaire proximale (50 %),
- constipation, nausées, vomissements (rares),
- polyurie,
- signes rénaux (40 %) : néphrolithiase, histoire de calculs, hématurie,
- douleurs abdominales, pancréatite (5 %),
- rarement adénome palpable,
- fatigue, anorexie, dépression, céphalées, malaises (rares).
Biologie
- hypercalcémie,
- hypophosphorémie (50-60 %) ou phosphore normal,
- PTH élevée,
- phosphatases alcalines élevées,
- hypercalciurie > 250 mg/jour.
Imagerie
- radios osseuses : résorption sous périostée (> 85 %), ostéopénie (> 85 %), osteitis fibrosis cystica (> 60 %), pseudofracture (50 %),
- localisation de l’adénome avec IRM et technetium 99-sestamibi-scanner (sestamibi).
Causes
Hyperparathyroïdie primitive (3/100 000) en général symptomatique
• Adénome parathyroïdien solitaire (> 65 %) : c’est la principale étiologie.
• Cas familiaux, causes génétiques, adénomes solitaires ou multiples, ou hyperplasie des parathyroïdes :
- NEM1 (mutations de MEN 85 % ou de CDKN1 < 5 %) ;
- NEM2a (mutations de RET) (souvent un simple adénome) ;
- mutations de CDC73R : hyperparathyroïdie primaire dominante familiale (HRPT1), syndrome tumeur maxillaire ou mandibulaire-hyperparathyroïdie (HRPT2) peuvent aussi donner une hyperparathyroïdie isolée, non familiale, touchant souvent une seule glande, adénome atypique cystique (65 %), hyperplasie (20 %) ou carcinome (15 %) ;
- HRPT3 liée à 2p14-p13.3 ;
- mutations de CaSR, AP2S1, GNA11 (« hyperparathyroïdies familiales isolées », « hypercalcémies familiales hypocalciuriques » FIHPT) (une ou plusieurs parathyroïdes) ;
- mutations somatiques de GNAS (syndrome de McCune-Albright) ;
- pseudohypoparathyroïdie 1B (PHP1B) : résistance à la PTH (défauts du locus GNAS) induisant une hyperparathyroïdie « tertiaire ».
2 – Hypercalcémies non parathyroïdiennes (PTH basse)
• Ingestion excessive de vitamine D, crème à la vitamine D (psoriasis) : la 25(OH)D est élevée.
• Maladies infectieuses rares associées à une expression accrue de 25-(OH)D-1-alpha hydroxylase, infections granulomateuses associées au VIH.
• Immobilisation.
• Cancers (rhabdomyosarcome, hépatoblastome, neuroblastome, Ewing) et leucémies aigues lympho et monoblastiques, lymphomes (synthèse de PTHrP, calcitriol ou cytokines, ou destructions osseuses).
• Mutations de PTHR1 (chondrodysplasie métaphysaire de Jansen).
• Hyperthyroïdie, insuffisance surrénalienne, phéochromocytomes.
• Prise de théophylline, de vitamine A ou traitement par l’acide trans-rétinoïque, diurétiques thiazidiques.





