Démarches diagnostiques, Thyroïde

Un enfant ou un adolescent avec une hypothyroïdie acquise

Un ralentissement de la vitesse de croissance doit faire évoquer une hypothyroïdie acquise et doser la TSH, ainsi que T4 et T3. Si le ralentissement de croissance, souvent une cassure nette, est dû à une hypothyroïdie primaire la TSH est en règle > 100 mUI/L. Il ne faut pas compter sur l’association à une frilosité, une fatigue, une apathie car ce sont des signes subjectifs très peu fiables chez l’enfant. Le ralentissement de la fréquence cardiaque n’est pas un meilleur signe. Des difficultés scolaires ne sont pas habituelles.

Il n’y a pas d’autres étiologies d’hypothyroïdie acquise chez les enfants des sociétés développées que la thyroïdite lymphocytaire auto-immune (communément appelée Hashimoto, même en l’absence de goitre). Elle est diagnostiquée en dosant les auto-anticorps anti-péroxydase (TPO) et anti-thyroglobuline (Tg) : ceux–ci sont présents à titres très élevés et signent sans équivoque la nature auto-immune de la thyroïdite.

La palpation du cou doit être attentive (les jeunes endocrino-pédiatres doivent s’y exercer) : on devrait dire la palpation de la trachée car c’est en procédant ainsi qu’on peut détecter sous ses doigts des lobes thyroïdiens, de consistance ferme (ni élastique, ni dure) comme un pneu de voiture, qui révèlent typiquement un petit goitre de thyroïdite. Il faut bien en palper la surface à la recherche de nodules. 

L’échographie permet de caractériser l’hétérogénéité de ce petit goitre, qui signe la thyroïdite. Elle permet aussi de détecter des nodules.

L’hyperplasie des cellules thyréotropes (qui résulte de la stimulation par la baisse des hormones throïdiennes) peut donner une image de grosse hyperplasie ronde et régulière qu’il ne faut pas confondre avec un craniopharyngiome.

S’il y a un ou plusieurs nodules, il faut savoir poser l’indication d’une ponction-biopsie afin d’éliminer un cancer papillaire, plus fréquent dans la thyroïdite de l’enfant que dans celle de l’adulte (voir page 164). 

• L’hypothyroïdie peut s’associer à une puberté précoce, surtout chez les filles (syndrome de Van Wyk-Grumbach, voir pages 117, 121, 135, 136). La prolactine peut être élevée. 

• Les résistances aux hormones thyroïdiennes (voir ci-dessous) peuvent donner des retards de croissance avec retard osseux  alors que la TSH est normale. Il faut donc doser T4 et T3 chez les enfants dont la croissance est ralentie.