Un article plus détaillé est consacré à cette publication : Traitement pratique des insuffisances ovariennes.
Les femmes ayant eu un traitement gonado-toxique (chimiothérapie, radiothérapie, greffe de moëlle) pendant l’enfance ou l’adolescence représentent aujourd’hui jusqu’à 0,5 % de la population générale. Les auteurs ont analysé et digéré la littérature, pour induire la puberté chez les filles pré-pubères et guider l’hormonothérapie chez les adolescentes et les jeunes femmes en proposant un schéma pratique.
1 – L’hormonothérapie de l’induction pubertaire
- Le clinicien doit décider s’il convient de reporter l’induction pubertaire afin de laisser la possibilité d’une puberté spontanée.
- Sinon, initiation du traitement entre 11 et 12 ans (FSH ≥10 U/L après 10 ans est un indicateur raisonnable de déficit ovarien).
- Le report de l’induction pubertaire peut entraîner une diminution supplémentaire de la taille finale.
- L’induction pubertaire doit durer 2 à 3 ans.
- L’administration transdermique de 17βE est l’œstrogénothérapie préférée (maturation utérine, masse osseuse, effet de premier passage hépatique, GHD.
- Patchs de 17βE à matrice découpable répond au besoin de faibles doses de départ.
- 2-3 ans après le début de l’induction pubertaire, des saignements intermittents se produisent et un progestatif doit être ajouté aux œstrogènes pour protéger l’endomètre et obtenir des saignements réguliers.
- La progestérone micronisée, par voie orale (100-200 mg/jr) pendant 12-14 jours tous les 28 jours, est le premier choix
- Alternatives : 5-10 mg d’acétate de médroxyprogestérone ou 5 mg de noréthistérone/jr, 12-14 jours tous les 28 jours.
2 – L’hormonothérapie chez les jeunes patientes IOP post-pubères
- Les besoins et préférences des patientes, tels que la voie d’administration, la demande de contraception et le désir d’arrêt des saignements, doivent être pris en compte, ainsi que les contre-indications spécifiques.
- Si aucune contraception n’est demandée, un traitement hormonal de substitution (THS), recommander des patchs transdermiques ou du gel vaginal de 17βE.
- Le risque cardiovasculaire des survivantes du cancer renforce l’indication d’une hormonothérapie transdermique ou vaginale basée sur le 17βE.
- Pour améliorer l’observance, utilisation de patchs combinant 17βE et progestatifs.
- Parmi les progestatifs, la progestérone micronisée est le premier choix.
- Seconds choix : acétate de médroxypogestérone, dydrogestérone, noréthistérone.
- Si la demande de contraception amène le clinicien à prescrire la pilule contraceptive au lieu d’un traitement hormonal de substitution, le choix doit être guidé par une évaluation des risques. Les pilules contraceptives basées sur le 17βE peuvent être préférées aux pilules contenant de l’EE, bien qu’aucune étude en double aveugle n’ait encore comparé systématiquement ces deux formulations.
- La dose de 17βE doit être ajustée en fonction de la tolérance et du sentiment de bien-être de chaque femme.




