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En 60 ans, l’hormone de croissance a établi sa sécurité

La disponibilité de l’hormone de croissance humaine recombinante (GhRH) étant illimitée et sachant que les individus hyper sécrétant la GH dépassent largement leur taille génétique, il s’ensuit que presque tout enfant de petite taille, et pas seulement ceux qui ont un GHD, pourrait atteindre une taille plus importante s’il était traité. Cette possibilité a élargi la pratique clinique – la thérapie ne remplaçait plus une hormone manquante, mais visait à éviter une  qualité de vie défavorable liée à la petite taille. En conséquence, diverses étiologies susceptibles de provoquer une petite taille  ont été approuvées dans beaucoup de pays, notamment l’insuffisance rénale, le syndrome de Turner, l’hypochondroplasie, la dyschrondrostéose, le RCIU, la petite taille idiopathique et le syndrome de Noonan [1].

Compte tenu de l’utilisation croissante de la GH chez l’enfant, les préoccupations en matière de sécurité se sont accrues. Cependant, il n’existait aucune preuve concluante indiquant que la GH pouvait induire un cancer [2], ni que les enfants survivants du cancer couraient un risque accru de récidive lorsqu’ils étaient traités par GH [3]. 

La plupart des données relatives à la sécurité de la GH dans les premières années de suivi étaient recueillies dans les bases de données des sociétés pharmaceutiques. Indépendant de l’industrie, le consortium européen a impliqué 8 pays (Belgique, France, Allemagne, Italie, Pays-Bas, Suède, Suisse et Royaume-Uni) et collecté des données chez 24 000 jeunes adultes traités par GH pendant l’enfance et l’adolescence [2].

La mortalité toutes causes confondues n’a montré d’augmentation que chez les enfants ayant un risque inhérent de mortalité accrue en raison de leur maladie sous-jacente. Chez les autres, la mortalité globale n’a pas augmenté. Les auteurs n’ont trouvé aucune association entre la mortalité et la dose de GH, quel que soit le risque au début du traitement.

Ces résultats sont rassurants, tant pour les cliniciens que pour les parents et les patients. La collecte de données va continuer.

Voir également : Mortalité et GH : les données rassurantes

Références

  1. Ranke MB, Wit JM. Growth hormone – past, present and future. Nat Rev Endocrinol 2018; 14:285-300.
  2. Swerdlow AJ, et al. Cancer risks in patients treated with growth hormone in childhood: the SAGhE European Cohort Study. J Clin Endocrinol Metab 2017; 102: 1661-72.
  3. Raman S, et al. Risk of neoplasia in pediatric patients receiving growth hormone therapy—a report from the Pediatric Endocrine Society Drug and Therapeutics Committee. J Clin Endocrinol Metab 2015; 100: 2192–203.