Un article un peu fastidieux passe en revue, un par un et méthodiquement, les traits phénotypiques des RCIU que le traitement par GH pourrait modifier, en dehors de la croissance staturale.
- Traits métaboliques
- Pendant le traitement, la sensibilité à l’insuline diminue, la sécrétion d’insuline augmente. Mais 5 ou 6 ans après l’arrêt de la GH, tout est rentré dans la normale.
- De façon surprenante, l’hyperglycémie est mentionnée comme un effet secondaire possible : on se demande sur quelle base. Il ne s’agit en réalité que d’une augmentation transitoire de la glycémie à jeun de 0,07 g/L.
- La composition corporelle change sous traitement, avec une réduction du tissu adipeux et une augmentation de la masse musculaire. Tant mieux. Mais 5-7 ans après l’arrêt, on ne perçoit plus de différence. De plus adultes RCIU, traités ou pas, présentent un excès de tissu adipeux et une plus faible masse musculaire.
- Les 4 études disponibles ne concordent pas au sujet des effets de la GH sur le cholestérol total, le LDL cholestérol, le HDL cholestérol et les triglycérides. Ces effets, s’ils existent, sont donc bien minces.
- Traits cardiovasculaires
- Le traitement GH améliore l’épaisseur intima-média des carotides.
- La pression artérielle baisse sous GH, mais cet effet ne persiste pas après l’arrêt.
- Puberté. Ni la puberté, ni les hormones sexuelles ne semblent affectées, mais les études sont (très) faibles. Comme souvent, les auteurs conseillent de suivre la fonction ovarienne des filles RCIU pendant le traitement. Franchement, on ne voit pas pourquoi.
- Masse osseuse. La GH augmenterait (peut-être) la densité et la masse osseuse en cours de traitement, mais une fois de plus, 5 ans après son arrêt, si tant est qu’ils existaient, ses effets se sont évanouis, et les paramètres des enfants traités sont ceux de la population générale.
- Cognition. Les données n’ont pas de consistance : certains ont cru voir une amélioration du QI par le traitement GH, d’autres ne l’ont pas confirmé du tout.
- Qualité de vie. Un impact positif de la GH a été rapporté dans 5 études, mais les auteurs de cette revue n’en ont pas été convaincus. En écoutant les enfants qui grandissent bien sous GH, beaucoup semblent pourtant s’en réjouir.
Le traitement prolongé plusieurs années par la GH des enfants RCIU ne semble avoir eu que de petits effets, tous réversibles, voire aucun, sur les paramètres étudiés. Et, à distance raisonnable du traitement, rien à signaler.





