Combien d’enfants français âgés de 6 à 14 ans terminent leur croissance en devenant de très petits adultes ? La réponse peut être déduite des analyses statistiques de l’INED [1] et de l’unité Inserm 1153/CRESS [2] mandatée en 2016 par la Direction Générale de la Santé pour établir les nouvelles courbes de croissance.

Combien de ces enfants rêveraient d’être plus grands ? Combien souhaiteraient pour y parvenir un traitement par la GH ? Environ 25% d’entre eux sont nés avec un poids < 2500 g [3] leur ouvrant la porte de ce traitement. Les autres, nés moins petits, resteront sous l’étiquette frustrante « petite taille idiopathique ». Ils n’auront pas droit au traitement sauf aux Etats-Unis ou si leurs parents peuvent le financer. Le fait pour une petite taille d’être « idiopathique » ne devrait pas constituer un frein au remboursement de la GH, car les RCIU sont eux aussi presque tous idiopathiques.
Il y a donc une double injustice, sociale et scientifique. Evidemment, au prix actuel de l’hormone de croissance, le coût du traitement de toutes les très petites tailles atteindrait des centaines de millions d’euros pour traiter ceux dont la taille adulte sera < -3DS [4]. On n’a aucune idée de la proportion qui demanderait un traitement. Même s’ils n’étaient que 10%, le coût serait énorme. Sans une baisse drastique du prix actuel, l’injustice perdurera.
Références
- INED : Institut National d’Etudes Démograhiques. https://www.ined.fr. Accès 14/09/20
- U1153 CRESS/AFPA. https://cress-umr1153.fr/. Accès 14/09/20.
- Caliebe J, Martin DD, Ranke MB, Wit JM. The Auxological and Biochemical Continuum of Short Children Born Small for Gestational Age (SGA) or with Normal Birth Size (Idiopathic Short Stature). Int J Pediatr Endocrinol. 2010;2010:852967.
- Lee JM, Davis MM, Clark SJ, Hofer TP, Kemper AR. Estimated cost-effectiveness of growth hormone therapy for idiopathic short stature. Arch Pediatr Adolesc Med. 2006;160(3):263-269.




