Pour traiter les enfants très petits, les endocrinopédiatres, dans tous les pays concernés, suivent les directives de traitement des agences règlementaires, garantes des coûts de santé dictés par les négociations avec l’industrie pharmaceutique. Celle-ci ne souhaite à l’évidence pas modifier son marché tel qu’il est aujourd’hui défini, plutôt stable dans un monde financier incertain et concurrentiel. Bien que les réponses individuelles des patients suivent la courbe de Gauss de la sensibilité à l’hormone de croissance, la prescription continue à se faire, pour l’essentiel, au prorata du seul poids corporel. La dose de 50 µg/kg.jour marque la frontière de la liberté d’une prescription remboursé. On le comprend aisément vu le prix de l’hormone. Tout le monde ou presque, est aujourd’hui rassuré par l’absence d’effets secondaires attribuables à la GH aux doses classiquement utilisées. Ceux-ci sont pourtant mis en avant par les agences et les industriels pour expliquer la stabilisation prudente des doses et des indications. Un prix élevé est la conséquence de cette minimisation du marché. Ce n’est évidemment pas aux industriels d’entreprendre une aventure, a fortiori une révolution dans les pratiques. Quelle société savante aura la volonté et la force de faire évoluer une prescription immobilisée depuis les années 2000 ?




