
Selon un article[1], cette prescription risque d’induire un syndrome des ovaires polykystiques dans 26 % des cas. 56 jeunes italiennes traitées avec des analogues du GnRH ont été comparées à 38 non traitées. Le traitement était décidé pour « rapidité du développement pubertaire », la réponse aux tests de stimulation par le GnRH et des critères échographiques n’étant pas précisés. Un biais pourrait venir de signes cliniques et biologiques plus marqués chez les filles traitées. L’article ne l’évoque pas.
Le traitement a duré en moyenne 3,4 ans. Vers l’âge de 16 ans, les traitées mesuraient 3 cm de plus que les autres, pesaient le même poids, avaient été réglées 2 ans plus tard et présentaient une pilosité accrue. Les dosages hormonaux étaient comparables dans les 2 groupes. Les auteurs rapportent aussi une plus grande fréquence d’oligoménorrhée dans les 2 années suivant les premières règles, définie comme un cycle durant > 45 jours sur une durée de 3 mois consécutifs, critères qui ne correspondent pas à la définition du SOPK. Aucune des filles traitée par les analogues du GnRH ne présentait de signe échographique de SOPK.
On doit s’interroger sur les conclusions des auteurs : alerter réclame de la rigueur. A l’âge de 7 ans où le traitement a été institué, certaines filles auraient pu avoir une premature adrenarche dont les rapports avec le syndrome des ovaires polykystiques sont connus [2-7].
Références
- Faienza MF, Brunetti G, Acquafredda A, et al. Metabolic Outcomes, Bone Health, and Risk of Polycystic Ovary Syndrome in Girls with Idiopathic Central Precocious Puberty Treated with Gonadotropin-Releasing Hormone Analogues. Horm Res Paediatr. 2017;87(3):162-169.
- Christakou C, Diamanti-Kandarakis E. Polycystic ovary syndrome–phenotypes and diagnosis. Scand J Clin Lab Invest Suppl. 2014;244:18-22; discussion 21.
- Freeman R. The role of the adrenal glands in the hyoerandrogenism associated with polycystic ovarian syndrome. In: Springer, ed. Polycystic Ovary Syndrome. New York; 2014.
- Ibáñez L, Potau N, Carrascosa A. Insulin resistance, premature adrenarche, and a risk of the Polycystic Ovary Syndrome (PCOS). Trends Endocrinol Metab. 1998 Feb;9(2):72-7.
- Ovadia D, et al. Endocrine Society; 2016; Boston. Pediatric Endocrinology I (posters) FRI-014.
- Rosenfield RL, Ehrmann DA. The Pathogenesis of Polycystic Ovary Syndrome (PCOS): The Hypothesis of PCOS as Functional Ovarian Hyperandrogenism Revisited. Endocr Rev. 2016 Oct;37(5):467-520.
- Sadrzadeh S, Painter RC, Lambalk CB. Developmental origins of polycystic ovary syndrome (PCOS), a case control study comparing birth weight in women with PCOS and control group. Gynecol Endocrinol. 2016 Oct;32(10):856-859.




