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Que faire lorsqu’on suspecte une agression sexuelle ?

L’exposition des enfants aux abus sexuels est répandue. Les divulguer et même les partager peut être bouleversant, à la fois pour les familles mais aussi pour les professionnels de santé. Cette revue fournit aux médecins des conseils pratiques pour une approche par étapes de l’enfant qui révèle une maltraitance sexuelle. Dans une salle d’examen privée, le médecin devrait aborder l’enfant et les soignants séparément pour déterminer l’urgence de la situation et le niveau de préoccupation concernant l’abus. L’évaluation médicale est basée sur les informations recueillies au cours d’un entretien et d’un examen physique complet comprenant une inspection des organes génitaux, la collecte de preuves médico-légales et le dépistage des maladies sexuellement transmissibles. Au cas par cas, la nécessité d’une intervention chirurgicale, d’un traitement prophylactique ou d’une vaccination est discutée. Enfin, les questions importantes que l’équipe médicale doit aborder sont décrites dans le but de soutenir l’enfant et sa famille et, en fin de compte, de mettre un terme à la maltraitance. Au-delà de ce résumé, l’article, écrit par des spécialistes expérimentés, mérite d’être lu.

Comment mener l’entretien avec l’enfant :

Compétences requises pour évaluer les abus sexuels présumés sur des enfants :

Rappels généraux sur les abus sexuels sur enfants :

  • Les enfants ne peuvent consentir à aucun contact sexuel avec un adulte.
  • En cas d’actes sexuels entre mineurs, il faut tenir compte de la différence d’âge entre les enfants.
  • Les signes physiques seuls ne peuvent ni confirmer ni n’exclure les abus ! 
  • Dans la majorité des cas, les enfants ne révèlent pas la maltraitance immédiatement après l’événement.

Une attention particulière doit être portée à tout enfant qui révèle des abus et à tout enfant présentant les éléments suivants :

  • grossesse,
  • maladie sexuellement transmissible,
  • symptômes génito-urinaires (par exemple dysurie, écoulement, lésions cutanées, hémorragie),
  • santé mentale et problèmes de comportement / sexualité excessive.

Checklist de l’examen : 

  • éviter les examens physiques superflus,
  • toujours respecter le besoin de calme et d’intimité de l’enfant et de sa famille,
  • apporter du soutien et de la distraction pendant l’examen, 
  • couvrir l’enfant (blouse d’examen ou drap), 
  • porter des gants, 
  • l’utilisation d’un colposcope avec un moniteur est la règle d’or, 
  • un bon positionnement est la clé pour une bonne observation :! 
    • en grenouille pour les organes génitaux, 
    • en boulet de canon pour la zone périanale, 
    • considérer la position à quatre pattes en cas de signes.

Envisagez d’évaluer les MST : 

  • écouvillons vaginaux et/ou urétraux pour la trichomonase, la gonorrhée et la chlamydia ,
  • tests sérologiques pour la syphilis, les hépatites B et C, et le VIH.

Prévention de la grossesse et des MST :

  • contraception d’urgence,
  • vaccination, 
  • hépatite B,
  • HPV, 
  • tétanos.

Traitement antibiotique prophylactique – doses habituelles :

  • azithromycine 1 gr PO, 
  • ceftriaxone 250 mg IM ,
  • métronidazole ou Tinidazole 2 gr PO. 

Envisager une prophylaxie post-exposition pour le VIH (dans les 72 h) .

Fournir des informations clés à l’enfant et à la famille : 

  • discuter de l’absence ou de la présence de tout signe médical, 
  • reconnaître les sentiments associés à l’abus sexuel, 
  • discuter du besoin et des avantages potentiels de déposer une plainte, 
  • encourager la prise en charge par un psychologue.

Faisant suite à la collecte d’informations et à la réalisation de tous les examens nécessaires, il faut essayer de parvenir à un diagnostic. À l’exception de rares cas (grossesse chez une mineure par exemple), la démarche diagnostique consiste à examiner comment les données sont liées. Les questions à discuter avec les pairs sont les suivantes : 

  1. L’enfant est-il en mesure de fournir des informations fiables ? 
  2. Quelle est la probabilité que les déclarations de l’enfant soient une simple répétition de ce qu’on l’aurait chargé de raconter ?
  3. Cette allégation fait-elle partie intégrante d’un conflit familial ? 
  4. Le récit des événements par l’enfant correspond-il aux signes observés lors de l’examen ? 
  5. Y a-t-il des découvertes médicales inattendues ? 
  6. Et enfin, quel est le niveau de préoccupation concernant les abus ? 

Le consensus est au cœur de la pratique de la maltraitance des enfants. L’équipe doit être en mesure de prendre en compte différents points de vue et d’évaluer objectivement la présence ou l’absence de preuves d’abus sexuels. À la suite de la discussion des questions rappelées ci-dessus, deux questions interdépendantes doivent être réglées : 

  1. L’enfant est-il en sécurité à la maison ? 
  2. Une plainte doit-elle être déposée ?