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Bloquer la puberté transgenre est-il un traitement «expérimental» ?

La question fait écho à la décision de cinq médecins et d’un des administrateurs de se retirer du Tavistock Center de Londres prenant en charge des adolescents transgenres. Motif de ce retrait : des bloqueurs de puberté sont prescrits au large dans ce centre, sans connaissance de leurs risques ou de leur efficacité, en dehors d’un diagnostic précis, et ça ne convenait pas à ces médecins. Le GnRHa est prescrit chez les adolescents transgenres en dehors des indications de son AMM. Le consensus actuel est que le blocage de puberté doit être réservé aux adolescents souffrant de dysphorie sévère et persistante du genre ou de crainte d’aggravation de la dysphorie par la puberté.

Le GnRHa n’a pas d’AMM donné par l’EMA, ce qui n’empêche pas sa prescription off label chez les transgenres. Faudrait-il un essai randomisé ? Les demandeurs d’un changement de genre ne l’accepteraient certainement pas. Les effets cliniques évidents du GnRHa ne permettraient pas le double aveugle.

L’article précise les trois conséquences néfastes potentielles du GnRHa pour les adolescents transgenres :

  1. La santé osseuse et le risque d’ostéoporose,
  2. La vie sexuelle et reproductive,
  3. Favoriser la décision finale de changement de genre : c’est la raison de suspendre la décision de GnRHa quand il persiste des incertitudes sur la future identité de genre. Et comme le développement de l’identité de genre peut fluctuer à l’adolescence, il ne faut pas systématiquement lier la prescription de stéroïdes sexuels à celle de GnRHa, mais les considérer comme des décisions séparées.