Une métanalyse de 81 articles fait le point actuel de la littérature. Il faut savoir que 65-70% des jeunes transgenres aimeraient devenir parents biologiques. Mais moins de 10% des transfilles et moins de 1,5% des transgarçons entreprennent actuellement une démarche de préservation de gamètes.
Il y a une grande disparité d’offre entre les centres accueillant ces adolescents. On ne connait pas les retombées sur la fertilité du blocage pubertaire par le GnRHa, d’autant que la plupart des adolescents passent directement et sans pause du GnRHa aux stéroïdes sexuels destinés à les modifier physiologiquement en sens inverse de leur nature physiologique.
Il faut savoir que la testostérone ne bloque pas le cycle ovulatoire et que nombre de grossesses sont survenues chez des transgenres hommes.
Quant aux œstrogènes, ils peuvent induire une azoospermie de façon très variable d’une transfemme à l’autre. On ne connait pas non plus la qualité du sperme après prise prolongée d’œstrogènes.
Quelles options choisir pour la préservation de fertilité des transgenres ? On sait que les ovocytes sont de moins bonne qualité reproductive à l’adolescence. De plus, la cryopréservation d’ovocytes réclame un protocole assez lourd et invasif à même d’accroître la dysphorie de genre. C’est le cas aussi de la masturbation nécessaire à l’obtention de sperme pour cryopréservation, qui peut aussi s’obtenir par biopsie testiculaire ou aspiration. On peut aussi cryopréserver des fragments d’ovaire ou de testicule, mais on n’a encore aucune certitude d’efficacité, même limitée, de ces procédures.
Les endocrinologues pédiatres, en l’absence d’études cliniques solides, restent pour la plupart bien embarrassés devant ces questions de fertilité. Ils sont amenés à prescrire des traitements hormonaux sans avoir la connaissance de leurs effets à long terme. Certains croient que la testostérone est contraceptive, avec un risque de grossesse avéré et d’effets tératogènes sur le bébé. Il est donc devenu nécessaire que les endocrinopédiatres résolvent les questions suivantes :
- Est-ce que le passage sans pause du blocage pubertaire à la prescription d’hormones sexuelles favorise l’infertilité ?
- Quelle dose d’œstrogènes et quelle durée favorisent l’infertilité des transgenres femmes nées garçons ?
- Combien de temps avant une grossesse la testostérone doit-elle être interrompue, et quand la reprendre ?
En attendant les réponses, chacun suivra son éthique personnelle au moment de prescrire.




