MKRN3 est une ubiquitine ligase interagissant avec des protéines neuronales essentielles à la voie gonadotrope hypothalamique. Depuis 2013, on sait que des mutations inactivantes du gène MKRN3 peuvent causer des pubertés précoces centrales chez des filles de 3 à 7,5 ans et chez des garçons de 6 à 9 ans. Plus de 20 publications ont décrit différentes mutations de ce gène, qui expliquent environ 4% des cas sporadiques et 33-46% des pubertés précoces familiales. MKRN3 subit l’empreinte maternelle : son expression est silencée lorsqu’il est porté par le chromosome 15 d’origine maternelle. Le gène ne s’exprime donc que s’il est porté par le chromosome paternel. Son expression est éteinte en cas de mutations sur ce chromosome, ou d’unidisomie maternelle, de micro-délétions ou d’épimutations du centre d’empreinte en 15q11.2-13 (ces derniers défauts n’ont pas encore été décrits dans les pubertés précoces isolées). S’ils sont portés par le chromosome maternel, les défauts et mutations de MKRN3 ne s’expriment bien sûr pas.
DLK1, l’autre gène impliqué dans les pubertés précoces centrales, est lui aussi silencé lorsqu’il se trouve sur le chromosome d’origine maternelle. Ses mutations ne causent donc de puberté précoce que si elles touchent elles aussi le gène d’origine paternelle. Plus rarement causes de puberté précoce, les mutations de DLK1 favorisent l’obésité, le diabète de type 2, l’hyperlipidémie, les ovaires polykystiques (SOPK). DLK1 est un modulateur de l’adipogenèse.
Comme les variations de séquences de MKRN3 et DLK1 ne s’expriment que si elles sont sur le chromosome d’origine paternelle, c’est le père qui contrôle le timing de la puberté dans sa descendance, aussi bien pour les garçons que pour les filles. N’est ce pas intriguant lorsqu’on y réfléchit de manière finaliste ?




