L’article écrit par les experts des Pays Bas au nom du panel international est très instructif : il est suivi d’une riche bibliographie qui fait le point sur l’offre actuelle de procréation assistée aux patientes Turner.

12 gynécologues, 13 endocrino-pédiatres, 10 éthiciens et 20 représentants des patients venus de 16 pays ont choisi en commun quelques recommandations portant sur la cryopréservation de tissu ovarien dans le syndrome de Turner. La cryopréservation de tissu ovarien est une technique prometteuse, déjà mise en œuvre chez plus de 100 jeunes Turner. Il n’existe malheureusement pas de biomarqueurs fiables de follicules fonctionnels. Les femmes qui bénéficieront le plus de cette technique seront à l’évidence les mosaïques 45,XO/46,XX. L’efficacité de la cryopréservation de tissu ovarien reste encore inconnue. Il ne faut donc pas créer de faux espoirs avant d’avoir résolu les difficiles questions que sont :
- l’activation in vitro des follicules résiduels dormants avant l’autotransplantation
- la comparaison des avantages et des inconvénients de la vitrification d’ovocytes et de la cryopréservation de tissu ovarien
- le risque de fausses couches et d’anomalies chromosomique dans la descendance des femmes Turner
- les effets de l’exérèse d’un ovaire sur le phénotype hormonal
- les complications fœtales et maternelles d’une grossesse Turner
De fait, que peut-on dire de plus consensuel aux jeunes Turner souhaitant engager une démarche de procréation assistée ?
Les principes retenus par les experts sont au nombre de 8 :
- l’infertilité des patientes entraîne un réel préjudice psychologique,
- les patientes considèrent leur propre infertilité comme leur principale préoccupation,
- il y a d’autres façons de devenir parent que d’avoir des enfants génétiquement,
- quel que soit leur âge, les filles atteintes du syndrome de Turner doivent être inclues dans la prise de décision,
- les grossesses des patientes sont associées à des complications maternelles,
- notammment à un risque de complication cardiaque grave et de mortalité,
- les patientes exposées à un risque d’insuffisance ovarienne prématurée doivent avoir un accès égal aux conseils et aux options de préservation de la fertilité,
- chaque fille atteinte du syndrome de Turner intéressée par la cryopréservation du tissu ovarien doit bénéficier d’une discussion au sein d’une équipe d’experts multidisciplinaire.
Même s’il apparaît assez banal, l’article fournit des critères pouvant inciter toute la communauté des endocrino-pédiatres à entreprendre un plan de recherche clinique active, collaborative et internationale.




